08.06.2026

« Nous ne lâcherons pas » : la grève se poursuit à l’hôpital Louis-Constant Fleming

« Aujourd’hui, nous sommes là parce que nous n’avons plus le choix. Nous avons le sentiment d’être complètement délaissés. On ne peut plus rester en silence. On ne peut plus accepter de travailler avec si peu de moyens » déplore Mylène Linon, technicienne en électro-radiologie à l’Hôpital Louis-Constant Fleming depuis 26 ans et membre de la CGTG. Déclenché vendredi dernier par la Fédération de la santé et de l’action sociale (FSAS-CGTG), le mouvement de grève, soutenu par 86 employés, a été reconduit ce lundi 8 juin. Les agents dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, le manque chronique de personnel et l’absence de réponses concrètes de la direction.

À l’issue d’une réunion de négociation tenue vendredi avec le directeur par intérim, les salariés espéraient recevoir des engagements écrits. « Il nous a écoutés longuement, service par service. Mais aujourd’hui, la réalité est simple : aucune proposition écrite, aucun engagement formel, aucun calendrier. Un engagement oral ne vaut absolument rien » affirme Mylène Linon. Face à cette situation, les grévistes ont décidé de poursuivre leur mobilisation. « Notre préavis est reconductible. Tant que nous n’aurons pas obtenu ce que nous demandons, nous n’arrêterons pas le mouvement » prévient-elle.

Huit revendications prioritaires

Parmi les principales demandes figure la nomination urgente d’un directeur général et d’un directeur des ressources humaines. Depuis le départ du directeur Sébastien Galleyn, l’établissement fonctionne avec une direction intérimaire, une situation que les syndicats jugent intenable. « En moins d’un an, nous avons vu passer cinq ou six directeurs. Il faut que cela s’arrête. Nous avons besoin de responsables en poste, capables d’entendre nos doléances et de faire avancer les dossiers » insiste la représentante syndicale.

Les revendications portent également sur le renforcement des équipes dans plusieurs services en sous-effectif chronique, notamment les urgences, le bloc opératoire, la maternité, la pédiatrie, la radiologie et la pharmacie. « Tous les services sont impactés. Il n’y a pas un seul service qui fonctionne avec les effectifs normalement prévus » se désole Mylène Linon.

Le syndicat réclame également la transformation en CDI des agents en CDD présents dans l’établissement depuis plus de quatre ans et la tituralisation obligatoire pour les agents en CDD depuis plus de 6 ans, conformément à la loi Sauvadet. Enfin, la CGTG demande le lancement d’un audit sur les risques psychosociaux (RPS) afin d’évaluer les conséquences des conditions de travail sur la santé mentale des agents et de prévenir les situations d’épuisement professionnel.

« Nous sommes là pour la population »

Pour les grévistes, cette mobilisation dépasse la seule défense de leurs conditions de travail. Ils estiment que les difficultés rencontrées par l’hôpital ont des répercussions directes sur la prise en charge des patients. « Nous sommes là pour les habitants de Saint-Martin. Nous ne pouvons pas laisser cet outil de travail se dégrader et voir ensuite la population privée des soins de qualité auxquels elle a droit. Nous sommes en France et chacun doit pouvoir bénéficier d’un service public de santé digne de ce nom » souligne Mylène Linon qui a constaté une détérioration progressive de la situation au cours des dix dernières années.

En attendant des réponses écrites de la direction, les agents assurent qu’ils resteront mobilisés. « Cela fait trop longtemps que nous attendons des décisions. Nous ne lâcherons pas » conclut Mylène Linon.

Cyrile POCREAU