26.02.2025

Dans l’association SKA, le carnaval est une transmission

Le dimanche 2 et mardi 4 mars auront lieu les parades du carnaval à Marigot. Dans la troupe « Soualiwomen Kultural Association », les derniers préparatifs battent leurs pleins. 

«Je suis l’esprit administratif et ma sœur est l’esprit créatif» s’amuse Érica, présidente de SKA, Soualiwomen Kultural Association. Qui dit Érica, dit aussi Laticha, vice-présidente. Car dans la famille Stephen, le carnaval, on l’a dans le sang.

Fondée en 2017, leur troupe souhaite aborder le carnaval autrement. «Nous sommes une association carnavalesque mais aussi culturelle. Notre but est de sensibiliser le public à la culture et aux traditions de notre île. Nous vivons tout au long de l’année en proposant différentes activités comme des initiations à la danse folklorique traditionnelle de Saint-Martin ou des ateliers Johnny cake» explique Laticha. Pour les deux mamans, le carnaval permet surtout une transmission de connaissance. «Chaque année, nous réalisons au moins une activité manuelle en relation avec le costume. Cette année, nous avons initié notre trentaine de membres à peindre sur du tissu» explique Érica.  

Pour 2025, le thème retenu par l’association SKA affiche la couleur : Phenomenal women. «On a décidé de s’inspirer du travail de Ruby Bute, artiste malheureusement décédée récemment, et de Clara Reyes, une activiste culturelle de la partie hollandaise. Avec nos costumes, nous souhaitons leur rendre hommage». Tambours, danseuses, arbres fromagers : si chaque costume part initialement avec la même base, chaque membre personnalise ses pièces pour les rendre uniques. «Avec nos costumes et ce thème fort, nous souhaitons aussi faire passer le message que le carnaval, ce n’est pas seulement des plumes et de la nudité. On veut aussi montrer que les femmes fortes et les mamans sont belles et peuvent parader» défend fièrement Érica. Tous les costumes sont faits sur mesure, sous la supervision de Laticha qui endosse aussi le rôle de couturière. La plupart des préparatifs se déroule dans la maison de leur maman, à Quartier d’Orléans. 

Il faut dire que pour arriver au résultat qu’il sera possible d’admirer les dimanche 2 et mardi 4 mars, rien n’est laissé au hasard. «Dès le lendemain du carnaval, notre cerveau mijote déjà sur le thème suivant» déclare la vice-présidente en rigolant. «Il y a tout un temps consacré au brainstorming. Dès que l’idée est validée, on fabrique le prototype, qui pourra être modifié jusqu’au résultat final et on le présente à la troupe au mois de décembre. Par la suite, nos membres viennent en atelier chaque mercredi, samedi et dimanche.

Dans notre démarche, on essaie aussi de toujours revaloriser un produit recyclé» indique Laticha. Ainsi, pour cette édition, une boîte de Pringles devient un tambour qui accessoirisera la tenue. «Notre façon de fonctionner, c’est que chaque personne doit mettre la main à la pâte» complète sa sœur. A contrario de ce que l’on pourrait penser, la danse n’arrive qu’en toute dernière partie des préparatifs. Cette année, la troupe SKA a d’ailleurs reçu l’aide d’une chorégraphe de l’île. 

Pour l’année 2026, les deux femmes aimeraient donner davantage de responsabilités aux membres de la troupe quant aux questions d’organisations. Un jour, les deux mamans espèrent que leurs enfants reprendront le flambeau de la Soualiwomen Kultural Association. En attendant, «elles n’ont pas le choix mais elles le font avec intérêt ! » rigole Laticha. «Dans notre famille comme dans notre troupe, l’essentiel c’est de… s’amuser ! » conclut Erika en chœur avec sa sœur.

Cyrile POCREAU