03.04.2025

Ecole du management public : la chambre territoriale des comptes doute de la faisabilité du projet de la COM

Si en avril 2024, le président Louis Mussington était fier d'inaugurer l'école du management public pour permettre la formation des agents de la collectivité et ainsi «rendre les services publics plus efficients et exemplaires», la chambre territoriale des comptes (CTC) «s’interroge sur la faisabilité d’un tel projet» dans son rapport d'observation sur la gestion de la COM entre 2019 et 2023 rendu public lundi.

Elle s'interroge pour deux raisons. D'une part à cause du coût de fonctionnement de ladite école. La CTC estime que le coût initial de 200 000 euros par an «devrait s'accroître sensiblement compte tenu des ambitions», notamment celle de vouloir «aboutir à un organisme de formation, certifié Qualiopi, ayant vocation à se doter de locaux dédiés».

De plus la CTC relève que la COM souhaite doter l'école d'un statut juridique qui ne serait pas «sans conséquence» budgétaire, alors que répète-t-elle, la COM se trouve déjà dans «une situation financière particulièrement dégradée».

D'autre part, la chambre territoriale des comptes semble dubitative sur l'intérêt de l'école car «des formations équivalentes sont [déjà] dispensées par CNFPT», le centre national de formation de la fonction publique territoriale. La CTC considère que le programme de l'école de management de Saint-Martin «ne correspond pas au besoin de spécialisation de certaines fonctions stratégiques pour le renforcement des capacités d’expertise de la collectivité et gagnerait à être plus professionnalisé».

Enfin, si la CTC a noté la volonté de la COM de «créer les conditions d’une gestion qui ne soit plus guidée par l’urgence mais par la mise en œuvre des dossiers prioritaires dans le cadre de la vision stratégique définie par la gouvernance», elle ne comprend pas comment l'organisation des formations le permettra. «Les modalités du cursus (durée de 6 mois, soit 35 jours, production d’un mémoire, notamment) contiennent des exigences de disponibilité des agents qui peuvent apparaître contradictoires avec le souci affiché de sortir du régime de l’urgence permanente», note-t-elle. En sachant que l’ensemble de l’encadrement doit avoir suivi ce cursus d’ici à 2027.
Estelle Gasnet