03.04.2025

Enseignement bilingue : la convention entre la COM et l'académie renouvelée 

Un sujet qui « tient particulièrement à cœur à la Collectivité » comme le rappelle Dominique Démocrite Louisy, troisième vice-présidente. Ce jeudi 3 avril avait lieu à l’hôtel de la Collectivité, la signature pour le renouvellement de la convention sur le bilinguisme dans l’enseignement, en présence du vice-recteur, Harry Christophe. « Cette convention entérine un fonctionnement déjà établi par la loi organique » rappelle ce dernier. En effet, depuis 2017, les quatorze écoles du premier degré de Saint-Martin disposent toutes d’une classe bilingue par niveau, de la grande section au CM2. Un dispositif prolongé dans les collèges avec des classes section bilingues mais aussi au lycée avec la section internationale, non-spécifique au territoire mais qui complète le parcours. « Si aujourd’hui seulement quelques classes sont concernées, à terme, l’objectif serait d’avoir un enseignement bilingue sur l’ensemble du territoire » continue le vice-recteur.  

Pour le moment, six agents ont été mobilisés pour 1377 heures/an par la Collectivité de Saint-Martin afin de travailler en lien avec les enseignants sur l’apprentissage de l’anglais. Ces personnes sont sélectionnées au regard de leur formation initiale (master) et se dirigent vers un poste d’enseignant permanent. Seulement, comme le fait remarquer Dominique Démocrite Louisy, le manque de professeurs formés dans la langue de Shakespeare se fait ressentir. Selon elle, l’État doit davantage s’investir. « L’organisation de ces classes bilingue repose sur la disponibilité de la compétence à parler anglais. L’enseignement dépend de la ressource humaine. Les enseignants sont demandeurs de formations et d’ateliers en anglais. À terme, je suis convaincu qu’il faut la mise en place d’un système unique avec un personnel formé en conséquence » complète Harry Christophe. 

L’objectif des classes bilingues est de permettre aux élèves anglophones de mieux maîtriser l'anglais standard à l'écrit, tout en valorisant l'anglais saint-martinois et l'apprentissage du français, dont les résultats sur le territoire sont insuffisants, alors qu'il reste la langue des examens. Quartier d’Orléans, partie de l’île où le français est moins parlé que l’anglais, sert de secteur pilote pour le bilinguisme. Le Rectorat projette d'y organiser un colloque et de mener des travaux scientifiques sur la langue. « À la rentrée, nous avons pour projet de réserver un accueil anglophone aux élèves de petite section de maternelle par les enseignants et les ATSEM, pour favoriser leur intégration » déclare le vice-recteur. Un bilinguisme que ce dernier souhaite développer aussi dans les foyers, en partenariat avec les familles.

Depuis deux ans, l’anglais saint-martinois a été reconnu comme une langue régionale, un créole à base lexicale anglaise.

Cyrile POCREAU