27.01.2026

Point de deal démantelé à Sandy Ground : des peines de prison ferme

Le vendredi 23 janvier, le tribunal de proximité de Saint-Martin a jugé, en comparution immédiate, quatre prévenus impliqués dans le point de deal à Sandy Ground. Trois d’entre eux, A.B, A.E et F.L, étaient poursuivis pour acquisition, détention, transport, cession non autorisée et usage illicite de stupéfiants. La quatrième prévenue, P.J, comparaissait pour complicité de détention et de transport de stupéfiants, blanchiment, ainsi que pour destruction d’objet en lien avec un crime.

Après l’examen de moyens de nullité soulevés par la défense, finalement tous rejetés par le tribunal, le président a rappelé les faits. En juillet dernier, la section de recherches a ouvert une enquête sur un trafic de drogue à Saint-Martin. Rapidement, les investigations ont permis d’identifier l’intersection de la rue Lady Fish, à Sandy Ground, comme un point de revente actif. Des surveillances ont alors été mises en place, à la fois physiques et à l’aide de drones, conduisant à l’identification de trois individus. Sur la base de ces éléments, les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs interpellations entre le 4 et le 8 décembre.

Les perquisitions ont permis de saisir d’importantes quantités de stupéfiants et d’argent. Au domicile de A.E, les enquêteurs ont découvert 22 178 dollars, 7 156 euros, plus de deux kilos de cannabis, près de cinq kilos de résine, 650 grammes de cocaïne, ainsi que de la MDMA, de l’ecstasy, une compteuse à billets et une arme de catégorie B. Chez F.L, ont été retrouvés 968 dollars, 1 370 euros, 540 grammes de cannabis et 65 grammes de cocaïne. Enfin, au domicile de A.B, qu’il partage avec son épouse P.J, les policiers ont saisi 3 045 dollars, 1 229 euros, 120 grammes de cannabis et 4,5 grammes de résine. C’est lors de cette perquisition que sa femme, professeur des écoles, sous injonction de son compagnon, a placé son téléphone portable dans un micro-ondes afin d’en détruire le contenu.

« Des peines exemplaires »

Pour la vice-procureure de la République, les faits sont pleinement caractérisés. Après avoir évoqué plusieurs drames liés au trafic de stupéfiants, elle a requis des peines allant jusqu’à huit ans d’emprisonnement, rappelant que « les Saint-Martinois n’accepteront plus que des gens viennent vendre la mort sur ce territoire ». Les avocats de la défense ont dénoncé des réquisitions excessives, estimant que le parquet cherchait à faire de ce dossier un exemple. L’avocate de P.J a, quant à elle, plaidé l’emprise psychologique subie par sa cliente et demandé sa relaxe sur les faits de transport.

Après délibération, le tribunal a reconnu coupables les trois hommes de l’ensemble des faits reprochés. A.B et F.L ont été condamnés à six ans d’emprisonnement, 10 000 euros d’amende, dix ans d’interdiction du territoire et une interdiction de port d’arme pendant cinq ans. A.E a écopé de sept ans de prison, 30 000 euros d’amende, dix ans d’interdiction de territoire et une interdiction de port d’arme pendant dix ans. P.J a été condamnée à 30 mois d’emprisonnement, dont 15 avec sursis, une interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs ainsi qu’une amende. Les quatre prévenus ont été maintenus en détention.

Cyrile POCREAU