Terrains Beauperthuy : ils vont être acquis par la COM et la Semsamar à hauteur de 38 M€
Lors de la présentation des orientations budgétaires 2025, le président Louis Mussington a confirmé la volonté de la Collectivité d'acquérir à l'amiable une partie des terrains de la succession Beauperthuy situés à Quartier d'Orléans (soir environ 300 hectares) qui devaient être vendus aux enchères.
Louis Mussington a indiqué aux membres du conseil territorial réunis en séance plénière que l'administrateur en charge de la succession et la COM s'étaient entendus sur un montant, celui de 38 millions d'euros (il y a un peu moins d'un an, Louis Mussington avait indiqué que le prix de l'administrateur était 42 millions d'euros et qu'il refuserait de dépenser autant). Toutefois, la COM ne va pas être seule à acheter, la Semsamar se positionne aussi à hauteur de 7 millions d'euros.
Mercredi matin, il a été confirmé que la COM va solliciter l'établissement public foncier de Guadeloupe, Terres Caraïbes pour l'accompagner financièrement. Un «engagement» a été pris entre les deux parties pour que Terres Caraïbes acquiert 13 millions d'euros de foncier pour le compte de la COM qui dispose de dix ans pour le rembourser et voir ces terrains lui revenir à la fin de l'échéance. «Si on a des difficultés [à rembourser], on pourra reporter, c'est possible », a affirmé Louis Mussington. De son côté, Daniel Gibbs espère que les prochains membres du conseil d'administration de Terres Caraïbes conserveront les engagements pris aujourd'hui par l'actuel conseil d'administration.
En parallèle, la COM a également sollicité la Banque des Territoires pour lui accorder les autres 18 millions d'euros nécessaires pour acheter les terrains, un prêt sur soixante ans pourrait lui être accordé. Au final, la COM devra budgétiser chaque année et pendant dix ans 2,1 millions d'euros pour rembourser l'établissement public foncier de Guadeloupe et la Banque des territoires. «Après dix ans, ce sera moins, ce sera inférieur à 1,5 million», a précisé le directeur financier de la COM.
«On s'engage quand même sur 31 millions d'euros», a fait remarquer Jules Charville, leader de Generation Hope. «Oui, mais on a un actif», a répondu le premier vice-président Alain Richardson. «Et quels sont les projets ?», a rétorqué Philippe Philidor de la Team Gibbs.
«Qu'est-ce qu'on envisage ?, pour l'heure rien, on a le temps de temporiser», a répondu Louis Mussington. Il a expliqué que «selon l'administrateur, la majorité des héritiers étaient d'accord sur le deal et la somme de 38 millions d'euros ; que la prochaine étape est la validation de cette entente par le président du tribunal et après on pourra procéder à la phase où on va chez le notaire et on conclut cet achat.»
Louis Mussington a confié que la banque l'avait aussi interpellé sur les projets que la COM entend mener sur ces terrains. «On est en train de réfléchir à quelque chose», a-t-il assuré en précisant vouloir «sécuriser le foncier pour la jeunesse de demain». «Si on avait laissé ça entre les mains de l'administrateur, cela aurait été la spéculation foncière aujourd'hui, immobilière demain», convient-il. «L'administrateur n'a même pas fait la publicité [de la vente aux enchères des terrains] localement mais dans un grand journal aux Etats-Unis, ça confirme son intention [et celle] de ses acolytes de faire de la spéculation», a-t-il ajouté. Et d'insister : «ça, je ne pouvais pas l'admettre, l'accepter.» Louis Mussington et son équipe sont prêts à «faire les efforts, les sacrifices nécessaires » pour qu'il y ait «du foncier demain» pour la jeunesse.«C'est un choix et une décision politique», commente Alain Richardson. Vice président de la COM mais aussi P-dg de la Semsamar, il a assuré que celle-ci veut également «répondre aux besoins du territoire de la jeunesse en matière de logements et d'accession à la propriété». La Semsamar dont la COM est le principal actionnaire, souhaite de conduire un programme de développement.
Pour l'heure, l'ambition de la COM est de constituer une réserve foncière pour pouvoir à un moment donné, construire des lotissements et permettre aux jeunes Saint-Martinois d'y établir leur propre maison. L'ensemble des terrains de la succession ne pourront servir ce projet puisque toutes les parcelles ne sont pas constructibles.
Ces échanges se sont inscrits dans le débat sur les orientations budgétaires qui n'étaient pas soumises à un vote.
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