Mobilité routière : les comportements individuels perturbent l’écoulement
«La construction exclusivement, ne règlera pas le problème. Il va s’agir de trouver les solutions les plus appropriées» déclare Alain Richardson, premier vice-président de la Collectivité. Ce lundi 31 mars, une conférence de presse était organisée à l’hôtel de la Collectivité afin de faire le point sur le diagnostic du schéma de déplacement urbain.
Il y a six mois, la Collectivité, «consciente des problématiques de circulation», a engagé un prestataire nommé Transitec afin de faire un état des lieux de la mobilité routière sur l’île. «Nous avons cette volonté de rechercher et de trouver de meilleures solutions, qui nous permettraient de résoudre ces problématiques, prenant en compte les questions environnementales» explique Alain Richardson.
Afin de constituer un «un schéma territorial de la mobilité», la première étape pour le cabinet consistait à établir un diagnostic. Pour ce faire, trois enquêtes ont été réalisées. Une première, résidait en un comptage routier, y compris transfrontalier. La seconde concernait les caractéristiques de stationnements (profil, temps, heure…) et la dernière analysait les comportements et les habitudes de transport des Saint-Martinois.
Six mois plus tard, les premiers enseignements émergent. «Sur la mobilité routière, il y a un potentiel à faire mieux avec ce qu’on a déjà» explique Pauline Mancineiras, cheffe de projet chez Transitec. Les phénomènes d'hyperpointes mis à part, «l’infrastructure, telle qu’elle est dimensionnée aujourd’hui est en mesure d’écouler le trafic qu’elle connaît. Ce n’est pas une question de dimensionnement mais de ce qu'il s’y passe. Ce sont les petits comportements individuels qui viennent perturber l’écoulement» explique la cheffe de projet. Selon cette dernière, ce constat est renforcé par la diminution du trafic de 10% depuis cinq ans.
« Éduquer les populations à la marche à pied »
Concernant le stationnement, à la fois de Grand-Case et de Marigot, «on se rend compte qu’on a des réserves de capacité et donc on va pouvoir redistribuer l’usage de l’espace public, en faveur des piétons et des vélos» continue Pauline Mancineiras avant de donner l’exemple du parvis de la gare maritime. Autre objectif concernant les piétons, celui de la sécurisation avec un fort besoin de travailler les liaisons de quartiers vers les écoles. Second enjeu, «éduquer les populations à la marche en travaillant sur des cheminements fortement employés par la population pour les sécuriser, les rendre plus confortables, les végétaliser» continue l’experte.
Sur le transport collectif, «les chauffeurs (…) supportent beaucoup de charges et ne reçoivent pas d’aide de la Collectivité. (…) Il y a une demande aujourd’hui de la part de la population qui n’est pas répondue. Le gypsy, transporteur informel et illégal, intervient en concurrence pour répondre à ce besoin-là. (…) Il s’agit d’un service que nous ne pouvons ignorer» souligne Pauline Mancineiras. Les transports collectifs permettraient alors, à terme, de désengorger le transport routier.