17.07.2026

Frontière à Oyster Pond : ils ont dit

Le projet de loi autorisant l’approbation de l’accord entre la France et les Pays-Bas portant délimitation de la frontière entre Saint-Martin et Sint Maarten tel que signé en mai 2023, a été adopté par le Sénat en février puis par l'Assemblée nationale le 16 juillet dernier. Le rapport sur ce projet a été rédigé par la commission des affaires étrangères. Son auteur l'a présenté le 1er juillet à ses collègues députés. Extraits des discussions.

«Malgré ces différences institutionnelles, les Saint-Martinois, qu’ils résident côté français ou côté néerlandais,
ont un fort sentiment d’unité. Le slogan «Une île, un peuple, une destinée» reflète cet état d’esprit.
De manière informelle, les Saint-Martinois ont leur hymne, leur drapeau, leurs célébrations
et leur langue, l’anglais de Saint-Martin»,

Bertrand Bouyx, rapporteur.

«Pour les Saint-Martinois, la frontière n’est pas un enjeu. Ils la traversent plusieurs fois par jour,
et il n’est pas inhabituel que des familles résident des deux côtés de celle-ci. (…)
En outre, pour les autorités, françaises et néerlandaises, la frontière donne lieu, depuis longtemps,
à une divergence de vues sur une partie. (…) En l’absence de délimitation claire, une frontière coutumière s’est formée.
Son emplacement n’a posé problème qu’à hauteur de l’étang aux Huîtres, qui est une baie ouverte sur la mer
»,
Bertrand Bouyx, rapporteur.

«L’accord qui nous est soumis aurait pu passer inaperçu ;
il me semble toutefois avoir valeur de symbole dans l’ambiance actuelle de la planète »,

Frédéric Petit (Dem).

«En tout état de cause, il ne faut pas perdre de vue le fait
que les Saint Martinois, qu’ils soient français ou hollandais, fonctionnent comme un peuple homogène.
Comme je l’indique dans mon rapport, les familles sont éclatées de part et d’autre de la frontière,
que l’on traverse très facilement. La vision unitaire de Saint-Martin, parmi sa population, prévaut d’ores et déjà.
Au demeurant, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères plaide
pour la création d’un groupement européen de coopération territoriale,
dans le cadre d’un travail mené à l’échelon institutionnel des deux pays »,

Bertrand Bouyx, rapporteur.

«Nous considérons que ce texte renforcera la sécurité du territoire de Saint-Martin,
qui constitue un point de passage, une plateforme pour toutes sortes de trafics dans la zone caraïbe,
au premier rang desquels le narcotrafic. La clarification de la frontière facilitera les opérations de surveillance
et renforcera la coopération policière et douanière entre nos deux pays »,

Constance Le Grip (EPR).

Estelle Gasnet